Le groupe automobile Stellantis a adressé une mise en garde sans détour au gouvernement britannique, prévenant qu'il pourrait être contraint de mettre un terme à ses activités d'assemblage d'utilitaires au Royaume-Uni. Le constructeur dénonce le carcan des quotas du mandat ZEV (Zero Emission Vehicle) imposés aux fabricants sans mesures d'accompagnement financier pour les acquéreurs.
La réglementation britannique oblige les marques à ce qu'au moins 10 % des véhicules utilitaires légers vendus cette année soient 100 % électriques, une proportion qui doit grimper à 70 % en 2030. En cas de non-respect, les constructeurs s'exposent à une amende forfaitaire drastique de 15 000 livres sterling par véhicule thermique excédentaire.
Le gouffre entre les objectifs légaux et le marché des flottes
Bien que Stellantis ait investi plus de 100 millions de livres pour reconvertir son usine d'Ellesmere Port dans le tout-électrique, l'appétit des professionnels pour les fourgonnettes à batterie reste freiné par des tarifs élevés et un réseau de recharge rapide inadapté aux contraintes des artisans et transporteurs.
Maria Grazia Davino, directrice générale de Stellantis au Royaume-Uni, a expliqué lors d'une conférence sectorielle que brader les véhicules à batterie pour satisfaire aux quotas tout en subissant des pénalités sur les motorisations thermiques menaçait la viabilité des sites britanniques.
“The current ZEV mandate demands market share levels that natural consumer demand cannot support without urgent government incentives. Without flexibility, domestic production is in jeopardy.”
Avenir industriel des usines Vauxhall et demande d'incitations
La Société des constructeurs et négociants en automobile (SMMT) appuie ce cri d'alarme, relevant que les fourgonnettes électriques n'ont représenté que 5,1 % des immatriculations au premier semestre, soit la moitié des objectifs fixés par la loi. La profession met en garde contre une désindustrialisation précipitée.
Les ministères des Transports et du Commerce ont fait savoir qu'ils dialoguaient avec les industriels. Néanmoins, l'exécutif travailliste ayant réitéré son engagement d'interdire les ventes de voitures thermiques neuves dès 2030, la marge de manœuvre reste particulièrement étroite.




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