Le groupe automobile multinational Stellantis NV a lancé un sévère avertissement sur résultats lundi matin, révisant drastiquement à la baisse ses perspectives financières pour l'exercice 2024. Invoquant la mise en œuvre de mesures correctives énergiques face aux méventes en Amérique du Nord et le ralentissement du marché européen, la maison mère de Peugeot, Fiat, Jeep, Ram, Citroën et Chrysler ramène sa marge opérationnelle ajustée (AOI) dans une fourchette de 5,5% à 7,0%, contre un objectif à deux chiffres auparavant.
Le constructeur a également surpris la communauté financière en prévoyant désormais un flux de trésorerie disponible industriel négatif compris entre 5 et 10 milliards d'euros sur l'ensemble de l'année, loin du cash-flow positif précédemment promis. L'entreprise précise que les deux tiers de la dégradation de sa rentabilité sont imputables aux remises commerciales et aux baisses de cadence imposées aux États-Unis.
L'engorgement des concessions nord-américaines impose de freiner les chaînes de montage
Pour assainir des parcs de concessionnaires saturés de pick-up et SUV non vendus, Stellantis a décidé d'accentuer ses coupes de production. Le groupe diminuera ses livraisons aux concessionnaires nord-américains de plus de 200 000 véhicules au second semestre 2024 — soit le double du volume initialement envisagé — avec pour impératif de faire refluer les stocks sous la barre des 330 000 véhicules d'ici décembre.
En parallèle de la mise en sommeil temporaire de plusieurs lignes de montage, Stellantis applique de généreuses remises à la consommation et des subventions de financement pour écouler les modèles 2024 et 2025, tentant d'enrayer l'érosion de ses parts de marché face à Ford et General Motors.
“Nous nous attaquons avec vigueur aux déséquilibres opérationnels de notre réseau nord-américain. Ramener les stocks des concessionnaires à 330 000 unités d'ici la fin de l'année est essentiel pour restaurer notre compétitivité.” — Carlos Tavares, Directeur Général de Stellantis
Vents contraires en Europe, transition électrique et sanction boursière
Cette dégradation spectaculaire reflète les turbulences profondes du secteur automobile mondial. L'adoption hésitante des véhicules électriques, la concurrence effrénée des constructeurs chinois à l'international et la dégradation du pouvoir d'achat ont déjà contraint Volkswagen, BMW et Mercedes-Benz à abaisser leurs prévisions ces dernières semaines.
L'annonce a provoqué un décrochage immédiat du titre Stellantis, qui plongeait de plus de 13% aux bourses de Paris et Milan dès l'ouverture. Cette sanction des marchés accentue la contestation visant le directeur général Carlos Tavares, critiqué à la fois par les réseaux de concessionnaires et par le puissant syndicat américain UAW.
Frequently Asked Questions
Pour quelles raisons Stellantis a-t-il révisé ses prévisions pour 2024 ?
Le groupe subit des réductions de cadence et d'importantes remises pour déstocker ses véhicules aux États-Unis, conjuguées à la morosité des ventes en Europe.
Comment Stellantis compte-t-il réduire ses stocks américains ?
En réduisant de 200 000 unités ses livraisons au second semestre 2024 et en accordant des remises tarifaires massives pour passer sous les 330 000 unités.





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