Le Premier ministre Michel Barnier a prononcé mardi son discours de politique générale devant l'Assemblée nationale, dressant un constat alarmant de l'état des finances publiques françaises et dévoilant un remède de choc de 60 milliards d'euros. Choisi par Emmanuel Macron pour sortir de l'impasse politique née de la dissolution, l'ancien commissaire européen a qualifié le désendettement d'impératif républicain absolu.
La feuille de route fixée par le chef du gouvernement ambitionne de comprimer le déficit public à 5 % du produit intérieur brut dès 2025, alors qu'il menace de franchir la barre des 6 % cette année. L'objectif final est de réintégrer les critères du pacte de stabilité européen avec un déficit sous les 3 % en 2029, soit un décalage de deux ans sur le calendrier initial.
Deux tiers d'économies publiques et un tiers de hausses fiscales
Pour parvenir à ce redressement, l'État réalisera 40 milliards d'euros d'économies directes réparties entre les ministères, l'assurance maladie et les collectivités territoriales. Les 20 milliards restants proviendront d'une hausse ciblée et temporaire des prélèvements ciblant les grandes entreprises réalisant des bénéfices exceptionnels et les ménages les plus aisés.
Michel Barnier a tenu à rassurer les classes moyennes et populaires ainsi que les PME, affirmant qu'elles ne subiraient aucune hausse fiscale. Il s'est également montré ouvert à des aménagements concertés sur la réforme des retraites adoptée sous la précédente législature, notamment sur la pénibilité du travail.
“Our colossal national debt is a sword of Damocles hanging over the head of our nation. Restoring fiscal control is not a partisan choice; it is an urgent national necessity.” — Michel Barnier, Premier ministre de la République française
L'épée de Damoclès d'une censure dans un hémicycle morcelé
L'adoption de ce projet de loi de finances s'annonce périlleuse dans un Parlement sans majorité claire. L'attelage minoritaire composé des macronistes et de la droite républicaine ne dispose d'aucun blanc-seing. Le Nouveau Front populaire a immédiatement fait savoir qu'il déposerait une motion de censure pour tenter de renverser le gouvernement.
Le destin de Matignon dépend ainsi du Rassemblement national de Marine Le Pen. Si le parti d'extrême droite n'a pas déclenché de censure immédiate, il a prévenu qu'il jugerait le budget au cas par cas, plaçant le gouvernement sous une menace permanente de destitution tout au long des débats d'automne.
Frequently Asked Questions
Quelle est la répartition des 60 milliards d'euros d'efforts budgétaires ?
Le plan comprend 40 milliards d'euros de réductions de dépenses publiques et 20 milliards d'euros de hausses d'impôts ciblées.
Quel est le calendrier fixé pour le retour sous les 3 % de déficit ?
Michel Barnier prévoit d'atteindre 5 % de déficit en 2025 et de repasser sous la barre européenne des 3 % en 2029.





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