Le chancelier allemand Olaf Scholz a publiquement demandé vendredi à la Commission européenne de différer l'entrée en vigueur du règlement européen sur les produits sans déforestation (RDUE). S'exprimant lors d'une conférence à Berlin, il a indiqué être intervenu personnellement auprès d'Ursula von der Leyen.

Adoptée en 2023, cette législation phare de l'Union européenne doit entrer en application le 30 décembre. Elle prohibe la commercialisation sur le marché européen de plusieurs produits majeurs (bovins, cacao, café, huile de palme, caoutchouc, soja et bois) non certifiés conformes à des critères stricts de géolocalisation excluant tout déboisement.

Le cri d'alarme des industries papetières et forestières

Si les ONG environnementales saluent un rempart indispensable contre la destruction des forêts tropicales, les fédérations industrielles allemandes du livre, de l'emballage et de l'agriculture dénoncent l'impréparation technique totale des systèmes d'enregistrement de Bruxelles.

Scholz a souligné que la lutte pour le climat ne devait pas se traduire par une bureaucratie démesurée menaçant l'approvisionnement en papier journal et fragilisant la compétitivité des entreprises européennes.

“Le règlement contre la déforestation doit rester praticable. J'ai demandé à Ursula von der Leyen de suspendre son entrée en vigueur tant que les questions pratiques ne sont pas réglées.”

Frictions commerciales mondiales et hésitations à Bruxelles

Cette démarche allemande fait écho aux vives récriminations exprimées par les grands pays producteurs partenaires de l'Europe, notamment le Brésil, l'Indonésie et les États-Unis, qui jugent les exigences techniques inapplicables dans les délais impartis.

Face à cette fronde politique et industrielle grandissante, l'exécutif européen a laissé entendre que des modalités d'application progressives ou des ajustements de calendrier étaient à l'étude.

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